Anne-Marie Filaire

Depuis ses premières séries initiées en 1993 dans sa région natale en Auvergne, jusqu’aux poudrières du Moyen-Orient, Anne-Marie Filaire construit depuis plus de 20 ans une œuvre dense, engagée, aussi rigoureuse qu’empreinte de poésie.

Son travail photographique, tourné vers le paysage, se situe particu- lièrement dans les zones dites «frontières», «zones tampons», au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, en Afrique de l’Est et en Europe.

En 1999, elle entame parallèlement un travail qui l’emmène vers le Proche-Orient (Israël-Palestine), s’attachant à observer les espaces comme une entité physique, chargée d’histoire et de temps. Durant près de dix ans, elle n’aura de cesse d’arpenter ces territoires, de les documenter à la manière d’une géographe, prélevant les indices du temps dans des paysages politiques en mouvement. Ses recherches se poursuivent vers d’autres pays marqués par l’histoire et leurs conflits, tels que le Liban, le Yémen, l’Erythrée et le Cambodge.

Poursuivant son travail dans le monde Arabe, elle s’oriente en 2007 vers l’environnement d’adolescentes et leurs espaces intimes, aux Emirats-Arabes Unis, puis en Palestine (Gaza). Peu à peu, cette quête la conduit vers l’image en mouvement et elle réalise des entretiens filmés avec la jeunesse au Moyen-Orient (Egypte, Algérie), dans le contexte des révolutions. En 2012, elle aboutit cette recherche par une importante série sur les portes blindées à Alger.

Ses dernières investigations au Moyen-Orient l’emmènent à la frontière Jordano-Syrienne en 2014 où elle réalise un travail sur le camp de réfugiés Syriens d’Azraq.