Jonathan Abbou | Le vif du Sujet

Lorsque l’on se penche sur la psychanalyse du fétichisme, il est communément admis qu’il n’existe pas de fétichisme féminin au sens strict. Les textes psychanalytiques ont occulté la femme du champ théorique des perversions. On s’accorde à dire que l’angoisse de castration est spécifiquement masculine. À travers ce modèle, Jonathan Abbou se livre à une interprétation du fétichisme féminin où s’articulent deux questions : 
Quel est le parcours psychologique du phénomène fétichiste sur le genre féminin ? Le phénomène de castration, pour la femme, se manifesterait-il en une symbolique du phallus par le biais de vêtement et autres accessoires ?
Cette idée, de la personne en tant que fétiche-phallique-personnifiée émane des rencontres entre le photographe et ses modèles, qui en enfilant des combinaisons confiaient changer littéralement de peau. Elles éprouvaient un sentiment de puissance et de jouissance dans la liberté de l’anonymat.
Une première lecture de la photo peut faire croire à une objetisation de la femme face au plaisir de l’homme par sa tenue, mais celle-ci est consentie dans la mesure où la personne devient elle même un fétiche avec tous ses attribus de puissance. 
Un rapprochement avec la femme voilée s’opérer ainsi par rapport à la femme objet investi de puissance. Il a deux phénomènes ambivalents ; d’une part il y a néantisation de l’identité et dans un même mouvement c’est une affirmation sociale de l’identité culturelle par la burqua. Cette fétichisation est ici d’ordre religieux, spirituel, la femme étant la garante de la religion de part son pouvoir d’engendrement.
Dans le texte freudien sur le sujet du stade phallique, nous constatons qu’il n’y a pas de différence dans la perception fantasmatique chez le petit garçon et chez la petite fille. Il y a un organe génital ou chatré. C’est déjà une négation du génital féminin. N’existerait pas alors un traumatisme chez la petite fille, lié à la néantisation du sexe féminin, un complexe du membre fantôme. Celui-ci chercherait une expression et une conjuration par la liberté de l’anonymat tout en affirmant une identité puissante dans les deux cas. 
     
Jonathan Abbou : pourquoi ? et qui suis-je ?
C’est au travers de mes modèles, que m’est venu l’idée de réfléchir au sujet du fétichisme –pseudo– féminin. Car, j'ai eu la chance d’avoir suivi un double cursus de formation. Celui de photographe et de tireur professionnel ainsi qu'un parcours universitaire en psychologie clinique et pathologique. C’est donc avec une approche artistique aussi bien appliquée que théorique que j’ai abordé ce sujet du fétichisme, qui est largement argumenté depuis près d’un siècle et demi.
Mes réalisations techniques en photographie s'inscrivent dans la verve traditionnelle, avec l’argentique pratiqué dans mon atelier sous ses diverses facettes : prises de vues et tirages. De mon travail de plasticien, me viennent des sensations toutes particulières que j’éprouve à malmener, à façonner l’émulsion argentique.
Mes inspirations thématiques, je les puise dans la littérature aussi bien classique que psychanalytique, ce qui me porte à les mettre en image.


     
Jonathan Abbou | Femmes Fétichisées
Exposition du 20 au 25 avril 2017
Nombreuses animations tout au long de ces 5 jours
Vernissage le jeudi 20 avril à partir de 18h
Galerie G. Spot
21 rue des Filles du Calvaire 75003 Paris

Mercredi, 2017, mars 15