Guillaume Dimanche

NU - photomontages

Le Creative Image / La Boutique de l’Olivier

L’exposition NU présentée à Arles montre un ensemble segmenté d’un travail photographique initié en janvier 2017. À ce jour, la série est constituée de treize photomontages réalisés avec un seul modèle.

La première idée était de réaliser une production sur le corps hors de tout accessoire ou décor, dans un esprit de peinture classique, particulièrement autour de l’ambiance du Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, de ces corps à la dérive. D’autres influences marquent ce projet tels que les lumières des natures mortes flamandes ou encore des couleurs et des corps des sujets religieux d’El Greco. Les sources vont aussi puiser, retrouver et explorer les racines de la photographie. Mais la production est une oeuvre contemporaine. Les outils digitaux sont manipulés, utilisés pour creuser au plus profond de la matière numérique.

Les protocoles et procédés de réalisation sont spécifiquement mis en place et répétés à chaque prise de vues avec le modèle. Installé sur un fond de drap noir, ses pauses ont en moyenne une durée de trente minutes pour les successions d’enregistrements des plusieurs milliers de photogrammes. Le corps est filmé en très gros plan. Les photographies ne contiennent que très peu d’information, elles sont apparement noires. À force de superpositions et d’additions, les montages donnent formes aux courbes et au modèle. Chacun des points enregistré dans les photogrammes, additionné dans leur multitude, redessine la peau photographiée. Les pièces du puzzle accumulées se superposent plus ou moins justement. À la sortie de dizaines d’heures d’editing, la reconstruction, lentement, laisse apparaître un assemblage pictural reconnaissable en temps que corps humain mais aussi totalement déformé, irréel.

Contrastant avec les protocoles de l’enregistrement, les rafales et le découpage répété à l’envi, le résultat achevé laisse apparaître subtilement une trame constituée de la masse des clichés et, dans le flou des raccords décalés, révèle l’abandon et la douceur d’un objet fragile. La fragilité révélée est accentuée par l’installation du corps dans un espace sans matière, sans fond, infini. C’est là qu’apparaît la résonance entre l’image unitaire et le photomontage, résultat de l’accumulation des milliers de photogrammes. L’essence de ces tableaux consiste à révéler la précarité de la nature, extraite du silence de la lumière. Les tableaux, en grand format, veulent sublimer la beauté du vivant.

Le travail d’agrandissement du sujet par le zoom puis dans le montage, amplifie la taille finale des fichiers, pour produire des photomontages aux dimensions extra-larges. Les tirages photographiques peuvent être réalisés dans des longueurs au-delà des dix mètres. C’est pourquoi, tout en gardant les différents composants de ces ensembles, texture, système d’écriture, sujet, sans réduire les montages intégraux à l’état de reproduction, la présentation en segments était alors évidente pour l’exposition à Arles. Dans la continuité des agrandissements ils sont une nouvelle découpe du corps, devenant des sections autonomes, des fragments sculpturaux.

Guillaume Dimanche


Une exposition alésienne en deux dates et deux lieux :

Tout d'abord du 3/ au 8 juillet | Le Creative Image Lab | 2, rue du Docteur Fanton
puis du 17 au 30 juillet | La Boutique de l’Olivier | 2, rond Point des Arènes // le vernissage le mardi 18 juillet à 18h30

 

Mercredi, 2017, juin 28