Le Salon de la photographie documentaire

What's up | PhotoDoc

Rendez-vous du 28 avril au 1er mai à la Halles des Blancs-manteaux à Paris.

L’édition 2016-2017 est sous le parrainage de l’actrice Sarah Adler et du réalisateur Raphaël Nadjari.
Au programme sur une affiche de Selçuk : des tirages, des livres, des films et des conférences. 
Lors du dernier week end intense diagonale du Mois de la photo du Grand-Paris, rencontrez les photographes avec 22 exposants, des galeries, des agences et des collectifs, un invité d’honneur : Éméric Lhuisset.

  • le prix de la galerie what’s up avec Édouard Beau et la galerie Some/things/space
  • le prix deuxième regard avec Morvarid K
  • le prix lectures de portfolios carre sur seine avec Sandra Calligaro
  • le what’s up photo book, vente et signatures de livres
  • le what’s up photo films, projection de films photographiques
  • le what’s up photo talk, cycle de conférences

Vernissage le vendredi 28 avril, de 18 heures à 22 heures à la Halle des Blancs-manteaux, 48, rue Vieille du Temple, Paris 4ème. Le salon est ouvert samedi 29 et dimanche 30 avril de 11h30 à 20h et le lundi 1er Mai de 11h30 à 18h.

 

 

Invité d’honneur / Emeric Lhuisset

Last water war, ruins of a future-
série de photographies du site archéologique de Girsu (Telloh) @ Emeric Lhuisset

Diplômé en art (Ecole des Beaux-Arts de Paris) et en géopolitique (Ecole Normale Supérieure Ulm – Centre de géostratégie / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
Son travail est présenté dans de nombreuses expositions à travers le monde .
En parallèle de sa pratique artistique, il enseigne à l’IEP de Paris (Sciences Po) sur la thématique art contemporain & géopolitique.

Emeric considère son travail comme une retranscription artistique d’analyses géopolitiques. Détournant les codes, il nous interroge sur le réel et sa représentation.
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Depuis que les hommes cultivent la terre, les rivalités autour de l’eau sont source de différends. Cette notion est exprimée directement dans la langue française: « rivalité », du latin rivalis, signifie « celui qui utilise la même rivière qu’un autre ».

C’est vers 2600 av JC en Mésopotamie (actuel Irak) que s’est déroulée la première guerre de l’eau connue. Les cités-Etats d’Umma et de Lagash (dont Girsu est la capitale religieuse) se disputèrent pendant plusieurs siècles l’exploitation de canaux d’irrigation alimentés par le Tigre.

Les jeux de pouvoir entre puissances régionales, la guerre civile en Syrie, la présence de l’Etat Islamique, qui a fait du contrôle des barrages un objectif stratégique, le contrôle exercé en amont par la Turquie sur le débit du Tigre et de l’Euphrate sont autant de facteurs d’instabilité et de tensions. Couplés au fort accroissement démographique, à la rareté croissante des ressources en eau dans la région et au réchauffement climatique, ils alimentent les craintes de voir éclater une « nouvelle guerre de l’eau », sur les lieux mêmes de la destruction de la cité antique de Girsu, qui a marqué en 2350 av JC la fin de 300 ans de guerre de l’eau.

C’est avec une série de photographies réalisées en Irak sur le site archéologique de Girsu, que l’artiste Emeric Lhuisset tente de nous questionner sur un futur à travers la ruine, cette forme architecturale sculptée par le temps, point de rencontre entre passé, présent et futur ; preuve intangible du caractère éphémère et fragile de toute civilisation humaine.

Prix Whapdoc /Edouard Beau/ Galerie SOME/THINGS

Envisager le monde comme un village où l’on se doit d’avoir une certaine empathie envers son voisin et où l’on comprend les conséquences des décisions que l’on prend.
La violence de la destruction de l’Etat irakien et l’occupation qui a suivi a séparé, polarisé des communautés qui, même si elles se côtoyaient, entretenaient des échanges et des tolérances

mutuelles ancestrales : la guerre a transposé ces groupes ethniques et religieux identifiés dans une configuration territoriale et politique nouvelle à laquelle chacun doit aujourd’hui s’adapter.

Il fallait, me semble-t-il, un projet photographique qui lie la Mésopotamie au reste du monde, comme cela a toujours été le cas, nos destinées aux leurs et les destins entre eux. Un travail qui revisite l’histoire contemporaine et ancienne, qui tente d’établir, non pas une histoire quotidiennement éditorialisée, sans liens avec le passé, ni avec l’évènement d’avant hier, mais qui visite la vie des Hommes au travers d’effets de causalité, pour tenter de ne pas répéter les erreurs du passé, depuis des millénaires déjà...

Pourrait-on envisager le territoire comme une main, les lignes comme cicatrices, et les personnes comme trajectoires ? La photographie comme art divinatoire, comme relation à l’invisible, à la latence de l’image non développée où l’image argentique dans son archaïsme nous livre encore aujourd’hui sont pouvoir de prémonition.

Edouard Beau. Extraits.

Prix Deuxième Regard/ Morvarid K
Prix des Lectures portfolios Carré sur Seine / Sandra Calligaro

Morvarid K est née en 1982 à Téhéran.
Son travail s’inspire de différents pays d’influences et notamment de ses allers- retours entre Paris et sa ville natale. Les frontières, les zones franches, la transparence, la poésie de la femme et les grands paradoxes de société sont ses sujets majeurs.
Questionnant la notion de présence malgré l’absence elle choisie avec sa dernière série exraite ici, de recouvrir de kilomètres d’encre bille 7 photographies grand format.
Le stylo symbole de l’expression devient ici celui de la censure.

Sandra Calligaro - Je suis arrivée quasiment par hasard à Kaboul, initialement pour un mois, c’était il y a dix ans.
Loin des spectacles de guerre, c’est la fragilité du quotidien de ce pays tourmenté qui n’a cessé de me fasciner. Souvent, presque par pudeur, par respect peut-être également, j’ai cherché à mettre en exergue le malaise ambiant, la détresse latente, à travers le spectre de situations ordinaires, de moments d’entre-deux où la tension est tangible, les émotions à peine perceptibles et le conflit peu visible – de manière directe en tous cas.
Afghan Dream est un travail au long cours réalisé entre 2011 et 2015 : il montre l’évolution de la société afghane, bousculée – bon gré, mal gré – après quinze ans de présence internationale. Depuis 2001, l’intervention des forces de la coalition, le retour de la diaspora et l’effort majeur de l’aide ont favorisé le renouveau de la classe moyenne et l’émergence d’une jeune génération dans la capitale.

Le pays traverse actuellement une période charnière, le gouvernement en place est de plus en plus affaibli par l’insurrection talibane et l’arrivée de l’Etat Islamique, en même temps que la mission de l’Otan est réduite. Le retrait du gros des troupes internationales à la fin de l’année 2014 a sérieusement mis à mal le fragile équilibre de vie de cette tranche de la société. A peine effleuré, le rêve afghan est déjà sur le déclin, reflet d’une difficile relève du pays.

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EXPOSANTS

Ambitions – le mag
Un espace participatif souhaité par Sandrine Edery


Aurélien Hatt

L’altérité est un concept qui renvoie à ce qui est autre, ce qui est extérieur à un
« soi », une réalité de référence comme l’individu et par extension le groupe, la société. Ce concept nous questionne sur qui nous sommes et sur notre rapport à autrui. Une relation d’altérité implique un engagement réciproque, une responsabilité

des uns sur les autres. Au Sénégal on estime qu’environ 10500 personnes souffrent d’albinisme.
Elles sont discriminées, isolées et victimes de nombreuses croyances. Génies pour certains et démons pour d’autres, elles sont l’objet de toutes sortent de superstitions. Aux croyances vient s’ajouter le manque de prise en charge, de prévention, de connaissance de la maladie.

Le Polaroïd noir et blanc et son négatif permettent de créer un moyen de langage. Instantanément le positif nous montre une réalité quand son négatif laisse entrevoir quelque chose d’irréel, de fantasmé.


Arnaud du Boistesselin

Arnaud du Boistesselin a vécu au Caire de 2001 à 2013, du 9/11 à la chute de Morsi.

Je suis photographe, architecture et intérieurs, et travaille pour des magazines. Un beau jour de janvier 2001 je m'installe au Caire, définitivement, plus rien en France, l'immersion totale dans un pays dont je ne connais ni la langue, ni la vie, en fait ... rien ! Les premiers mois c'est une recherche de repères, un regard sur ce qui m'entoure. Il a fallu du temps pour l'accepter mais ce que je vois ne ressemble en rien à ce qu'on m'a montré, que le Caire ce n'est pas comme ça.

Après le 11 septembre le gouvernement égyptien cherche à donner une image de ce qu'il pense être celle que l'Occident veut avoir de l'arabo-islamisme. Dans le même temps le fantasme néoorientaliste
occidental fait toujours figure de réalité. Entre ces deux représentations extrêmes je

décide d'apporter mon regard avec des portraits dans la rue, beaucoup, dans un esprit barthésien de simplification du process et avec la contrainte de réduire au maximum la présence des imaginaires de toutes sortes. Pendant un an j'ai arpenté les rues du Centre-Ville et du Caire historique quotidiennement, il en résulte un corpus d'environ 3000 photographies.

"Les Portefaix du Caire" est une série issue de ces portraits.


Lionel Léger
Les sujets et objets représentés sont bloqués dans leur chute, leur utilité ou leur

histoire. Comme un constat d’échec, comme un air d’abandon sur l’horizon de l’Atlantique.

Immeuble « Le Signal » à Soulac-sur-Mer.
Construit à 200 m du rivage en 1967, l’immeuble de quatre étages se trouve aujourd’hui en équilibre sur une dune sableuse qui menace de s’effondrer. Lors de

violentes tempêtes fin janvier 2014, la préfecture avait pris un arrêté de péril et les résidents avaient dû quitter définitivement les lieux. Depuis, les mesures d’indemnités des 78 propriétaires sont encore à l’étude. L’immeuble, qui n’est plus qu’a 16 m de l’eau, pourrait s’effondrer de lui-même avant que les pouvoirs publics ne se préoccupent de sa démolition.


Galerie Basia Embiricos

Vincent Jarousseau
L'illusion nationale @ Vincent Jarousseau - Valérie Igounet

Un Roman-photo où tout est vrai.

Pendant deux ans, Vincent Jarousseau, photographe - documentariste, et Valérie Igounet, historienne spécialiste de l’extrême droite, ont suivi au quotidien trois villes dirigées par le Front national : Hayange, Beaucaire et Hénin-Beaumont. Allant au devant des élus et de la population, ils ont écouté, entendu et mis en image ces hommes et femmes que Marine Le Pen qualifie d’« invisibles ».

Le résultat est inédit. Un documentaire en forme de roman-photo où rien n’est inventé, où tout est vrai.


Aline Diépois & Thomas Gizolme

white Isles of the South Sea

A la surface de l’eau, une étroite bande de sable s’obstine dans une ceinture d’écume irisée. Rien n’est plus gracieux que ces îles blanches à peine émergées de quelques centimètres au dessus des flots. Sous un soleil de plomb, le temps s’immobilise.
A Tarawa, une route unique relie le Nord au Sud, surchargée de voitures, de motos, de minibus. Derrière les nuages de poussière soulevés par le va-et-vient incessant

des véhicules, les habitants arpentent cette route sans nom, lentement, très lentement.
Ici, la densité de l’air ressemble parfois à une caresse sur la peau quand, de la mer étincelante, s’élève à peine un murmure apaisant. On pourrait sentir là, combien le
monde certains jours, nous offre la trompeuse impression d’être un lieu acceuillant, fait à la mesure des rêves et des plus étranges désirs de l’homme.

Mais le lagon est pollué, les carcasses de voitures s’y entassent les unes après les autres. Chaque marée ressasse des déchets qui s’accrochent aux mangroves. Et les vagues de l’océan entament le rivage tous les jours un peu plus. Elles se brisent sur des digues inutiles et grignotent inlassablement ce fragile territoire. Sans hâte aucune, les villageois consolident ces absurdes remparts, reconstruisent leurs maisons, en vain. Et parfois, parfois aussi, la pluie survient au beau milieu de la saison sèche.

Le paradis se déglingue. Thomas Gizolme


Galerie les Bains Révélateurs

L’autre pays

En 2010, je commence à photographier l’intérieur des terres de la province d’Alicante en Espagne. Je parcours une carte étrange, dessinée par des rangées d’appartements vides, de rues sans nom, d’urbanizaciónes qui se dressent seules, dans un désert. Au milieu de squelettes de béton et de rouille, je fais comme l’archéologie à ciel ouvert d’un champ de bataille : celui de la spéculation immobilière.

Cinq ans plus tard, le décor est le même mais je déplace le regard sur ces espaces pour les interroger sous l’angle du « territoire vécu ». Invivables, ils ne sont pourtant pas totalement inhabités. Je photographie les traces de ce « territoire vécu » et je fais entrer dans le cadre les résidents, permanents ou saisonniers, et ceux qui traversent les urbanizaciónes : les employés municipaux, les habitants des communes voisines, les prostituées...

Qui sont les occupants, même éphémères, de ces « non-lieux » hors du temps ? Ma série questionne ces espaces fantomatiques. Quelle société produisent les urbanizaciónes ? De quels mythes ces paysages urbains sont-ils porteurs ? Quels désirs accueillent-ils ? Quelles circulations y sont possibles ? Quel est cet « autre pays » qui est aussi le mien ?


Borders

La galerie les Bains Révélateurs dévoile les prémices de la série de Jean-Michel André : Borders, un travail autour de la notion de frontière, débuté en 2016 à Calais, à la lisière des lectures documentaire et plastique.


Texte Galerie

Fondée en 2013 en métropole lilloise par Jean-Baptiste Guey, la galerie Les Bains

Révélateurs a pour vocation la défense des artistes utilisant le médium photographique comme mode d’expression ou champ d’expérimentation.
Actuellement nomade, la galerie travaille hors-les-murs et prépare un site de vente d'œuvres d'art en ligne dédié aux Arts visuels et à la photographie contemporaine.


Studio Hans Lucas

Alexis Vettoretti, Alexis Goudeau, Andrea Montovani, Cécile Henryon, Cédric Calandrau, Margueritte Bornhauser, Hauscherr- Lambert, Lucile Boiron, Patrick Cockpit, Plume Hetters Tannenbaum, Rebecca Topakian, Sydney Léa Le Bour et Pierre Faure.

Studio de production dédié aux nouvelles écritures et à la transmission, Hans Lucas réunit une somme d’individualités autour d’un même médium : la photographie.

Au sein de la plateforme collaborative et de diffusion, les différentes approches –journalistiques, documentaires, plasticiennes – convergent pour livrer une vision à facettes multiples de la société et se nourrir les unes les autres.

Le studio souhaite aller par-delà les images et les mots pour rappeler que la création sait être aussi un lieu de résistance. A sa manière, chacun interroge l’humain afin de mieux le comprendre. Au fil des réalisations des membres, se dessine un monde à la fois fragmentaire et pluraliste, qui laisse entrevoir celui de demain.


Galerie Intervalle

Elena Chernyshova est une photographe documentaire russe née en 1981 et basée en France. Autodidacte, elle choisie le medium de la photographie après deux ans d’étude en architecture qu’elle interrompt pour entamer un périple de 30,000 kilomètres avec Gael de Cevoisier de Toulouse à Vladivostok. Une vocation est née.

Olivier Degorce

Acteur et témoin de l’émergence des musiques électroniques, Olivier Degorce photographie compulsivement les fêtes des années 90. Il est un des premiers à documenter systématiquement ces soirées électrisées par des DJ’s encore très discrets, rarement placés sous les feux des projecteurs, parfois cachés parmi les «fêtards» dans des lieux secrets ou non autorisés.

Joakim Kocjancic, Suédois aux origines slovènes ayant vécu la plupart de
sa vie en Italie est un exemple de ce que la culture européenne peut
produire à défaut de construire une communauté politique.
Europea est le fruit de 12 ans de voyage dans le vieux continent. Joakim
Kocjancic a travaillé avec Anders Petersen sur la série Soho, il développe lui même ses tirages argentiques et les retouche manuellement dans la chambre noire.


Texte Galerie

Cette galerie située sur les pentes de Belleville a ouvert au printemps 2014.

L’engouement pour la photographie se vérifie chaque jour. Cependant, les galeries qui soutiennent les artistes émergents sont encore rares. Nous avons décidé d’ouvrir un lieu qui militera pour ses photographes. Exposer nos coups de coeur et aussi ces Images qui éclairent notre regard sur le monde.
Pourquoi les vendre? Pour qu’il y en ait d’autres! Et aussi parce que la galerie est bien souvent le dernier espace de liberté créative.

Galerie Jean-Denis Walter

Michel Birot

Le match n’a pas commencé, les hymnes viennent de se terminer quand a lieu cette étreinte à la fois douce et virile, intense, sincère.
Yannick Nyanga, semble dire, sans formaliser, à son ami Dimitri Szarzewski : « On y est Dimi, on y est ».

Ces deux hommes ont grandi au coeur de L’Hérault, ont commencé le rugby en même temps et ont, dès leurs jeunes années, noué une amitié indéfectible.
Un amitié forte et profonde sans qu’ils puissent en dire plus que ce que disait Montaigne à propos de son amitié pour La Boétie : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

Cerise sur le gâteau : La France l’avait emporté 26-10, c’est pas si courant contre les Springboks, avec un essai final et décisif de Dimitri Szarzewski sur passe de Yannick Nyanga...

Guillaume Herbaut

30 novembre 2009, salle de gymnastique de Pripyat, Ukraine.
Pripyat a été évacué en 1986, quelques jours après la catastrophe de Tchernobyl. Aujourd'hui c'est une ville fantôme. Le niveau de radiation est tel qu'il empêche tout retour. On ne peut y séjourner plus de quelques heures d’affilée.
Cette image est extraite d’un projet multimédia: «La Zone», composé d’un blog, d’un webdocumentaire (qui a reçu le prix RFI/France 24) , d’un livre et bien sûr d’une
exposition. Pour ce travail photographique, Guillaume Herbaut a reçu le prix Niepce 2011. Pour le réaliser, il dormait dans la ville de Tchernobyl, un peu moins contaminée. Pour aller à Pripyat, il devait être officiellement accompagné d’un guide. Dans les faits, celui ci restait dans la voiture et Guillaume marchait seul dans le ville.

Christophe Calais

Christophe Calais a mis aux services de la presse sa capacité à raconter des histoires et régulièrement aussi sa formidable connaissance de l’Afrique.
«Avant, j’étais reporter, je me satisfaisais de regarder, de témoigner et de ramener le meilleur au journal qui m’employait. En 2004 je suis vraiment devenu photographe, je ne me contente plus de photographier ce que je vois, je photographie ce que je ressens». C’est donc tout naturellement qu’il propose à L’Equipe Magazine en 2011 de suivre le Tour cycliste du Rwanda qui est une épreuve qui commence à trouver sa place dans le calendrier internationnal. Il connaît le « pays aux mille collines » comme sa poche.

Texte Galerie

Je suis entré à L’Equipe en 1999. Directeur photo puis rédacteur en chef de L’Equipe magazine, j’ai ensuite conçu et réalisé Hobo by L’Equipe une revue de grands reportages photographiques autour du sport.
A la fin de mon aventure avec L’Equipe, fin 2012 cette idée de galerie fut comme une évidence. Je voulais faire fructifier les liens tissés avec des photographes que j’admire et qui me font confiance.
Tous les auteurs représentés disposent d’un œil hors du commun, certains sont des spécialistes, d’autres non, mais chacun vous donne à voir une version à la fois personnelle, rare et esthétique de ce monde très particulier qu’est celui du sport.
Jean Denis Walter.


Galerie Nicolas Levy - Le Joker

Conversations | Commissariat : Isa Bonnet / Lydia Echeverria

Conversations propose un dialogue entre quatre photographes anglais majeurs mais peu connus du public français, et quatre photographes français de la jeune génération. Ken Grant, David Moore, Stephen McCoy, et Colin Thomas, nous ramènent dans l’Angleterre des années Thatcher ; Gabrielle Duplantier, Yohanne Lamoulère, Arnau Bach et Artus de Lavilléon, interrogent notre vie dans la France actuelle.

Chacun semble répondre à Georges Perec qui, dans L’infra-ordinaire, proposait de « fonder notre propre anthropologie », de se détourner de l’exceptionnel et du pittoresque pour aller vers « l’endotique », le proche.
C’est la culture des classes populaires qui est à l’honneur dans ces photographies. C’est leur quotidien qui rythme ces images. Certaines racontent la vie dans les quartiers ouvriers anglais des années 1980, les loisirs de la jeunesse ou le dénuement ordinaire de cette classe déchue. Leur font écho les clichés des banlieues françaises d’aujourd’hui, dépourvus de sensationnalisme. D’autres explorent les paysages pavillonnaires de la petite classe moyenne et font surgir de ces maisons et de ces jardins standardisés une mystérieuse harmonie.

Conversations, ce sont deux générations de photographes engagés qui dialoguent ensemble pour rendre visible l’ordinaire et la vie quotidienne de nos contemporains, parfois jusqu’aux frontières de l’intime.

Vincent Scali
Vincent Scali, photos & documents sur l'art du XX° siècle

Jean-Louis Atlan
Leonard Bernstein à Paris vers 1980 ©Jean-Louis Atlan Tirage argentique d'époque

Jean-Marc Giossi
Jean Tinguely, fontaine de Fribourg 1984© Jean-Marc Giossi Tirage argentique d'époque


Galerie Sit Down

Conte d’hiver, Conte d’été | Catherine HENRIETTE

Le mot du galeriste

Pour ce travail, l’artiste s’est rendue dans une province du Nord-Est de la Chine et capte le quotidien des habitants au gré des saisons.
Une première série, aux allures de grand Nord nous transporte à Harbin, sur les bords gelés du fleuve Sungari. De ces lignes d’horizon blanches figées dans le temps, son fidèle Leica à la main, la photographe nous rapporte une série d’images intitulée “Conte d’hiver“.
Conte d’été nous mène quant à lui sur des plages, toujours dans le Nord-Est de la Chine à Qingdao, Beidaihe, Yantai et Dalian. La ligne d’horizon confondue entre ciel et mer se perd sur les photographies de ces stations balnéaires des années soixante.

Catherine Henriette s’inspire avec ce travail des peintures traditionnelles chinoises ; ‘’de minuscules personnages se promènent au milieu de paysages grandioses de montagnes, d’eaux, où l’espace est aussi important que la matière, où le vide est aussi important que le plein’’.

Catherine Henriette - extraits

‘’Voilà près de 30 ans que j'observe la Chine, son évolution économique, culturelle et sociale. Voilà près de 30 ans que le pouls de ce pays s'est emballé. Les choses vont vite. Trop vite. Les paysages et les villes se transforment, s'aliènent, s’enlaidissent. Tout y est sacrifié sur l'autel du développement et du profit. À tout prix.

Témoin direct de cette frénésie, j'ai eu envie d’arrêter le temps, de reprendre mon Leica et mes pellicules, comme on prendrait un chevalet »


Galerie Le 247

Sébastien Tixier

Devant moi la banquise s’arrête et s’ouvre sur la mer, calme et immobile. Je me tiens à quelques mètres, assis au bord du traîneau à l’arrêt ; sur cette glace qui, au- dessus de l’eau, s’étend derrière moi sur une quarantaine de kilomètres jusqu’à l’habitation la plus proche. Mes pensées vagabondent, mais ici, au point le plus au nord de mon voyage, je mesure l’étendue des contrastes de cet immense territoire.

Allanngorpoq peut être traduit par "se transformer" depuis le Groenlandais.

Julien Pebrel

Au km 0 du Danube, le vieux phare de Sulina n’est plus qu’un symbole. Porte orientale de l’Union Européenne depuis l’adhésion de la Roumanie en 2007, il n’éclaire plus un seul cargo. Au début du siècle dernier, la Mer Noire s’est retirée en contrebas, découvrant quelques parcelles de terrains en friche autour de l’édifice. Au même moment, la Commission Européenne du Danube s’en allait, et avec elle une pléiade de négociants turcs, grecs, allemands, français, lipovènes russes et casaques ukrainiens. Dix consulats ont descendu leur drapeau. Le français a perdu son rang de langue officielle et la Roumanie a repris ses droits sur ce territoire déserté. Depuis, la ville n’a cessé de croire en sa rédemption.

Gil Rigoulet

Dans les années 1970-80, l’Angleterre c’était la traversée de la Manche. Pas de tunnel à l’époque. Les ferries étaient souvent bondés, j’avais 20 ans. La Grande- Bretagne m’attirait comme une planète lointaine. La rue en était la vitrine et j’y plongeais mon appareil photo sans complexe. Les photos, je les prenais pour moi. Ces images sont restées dans mes classeurs durant 30 ans mais elles sont fondatrices de mon travail de photo reporter. Elles ont permis de me former l’oeil, de poser ma photographie, de dialoguer avec humour et compassion sur la vie du monde et de percevoir où nous mènent ces sociétés dans leurs rituels...

“ Pendant trois ans, j’ai pris ces photos en Italie, en France, en Turquie, en Thaïlande et au Kosovo. J’ai photographié des lieux qui m’étaient inconnus, des êtres qui m’étaient étrangers. Le flash de l’appareil photo agissait alors comme un révélateur, découvrant à mon propre regard, la véritable nature de ce que je photographiais. Nature profonde qui m’avait jusqu’alors échappée. Ces images sont des reliques de l’invisible.

Chacune d'elle est une carte du Tarot, l'unique représentation d'une perception collective... ”


La Galerie

Le 247 a ouvert ses portes en 2015 dans le 18ème arrondissement de Paris, dans un quartier peu fréquenté des galeries d’art.
Ses créateurs, Simon Lourié et Thierry Villeneuve en font un lieu ouvert aux projets d’exposition inédits et aux démarches atypiques. Accompagnées de vidéos ou d’installations, les photographies contemporaines et documentaires y sont à l’honneur.

La galerie s’investit généralement dans les premières expositions de jeunes artistes ou dans des projets encore jamais montrés. Elle fait la part belle aux artistes français et internationaux dont l’acuité et l’audace dénotent un vrai souci d’ouverture sur le monde, une expression affirmée et un engagement personnel. Le 247 vient d’être sélectionnée pour le Nouveau Prix Découverte (Emergences) des Rencontres Photographiques d’Arles 2017.

Jeudi, 2017, avril 27