Frédérick Carnet : voyage au coeur du Japon

En octobre 2011, Frédérick Carnet est parti au Japon pour un voyage photographique de presque 3 000 kilomètres. Seul avec son vélo et son appareil photo, il a retrouvé un pays profondément marqué par le désastre naturel et nucléaire qui l'ont frappé en mars dernier. Ses rencontres avec la population et la contemplation douloureuse d'une nature devenue hostile ont nourri son livre 日本 (Nipon, Japon), à paraître prochainement. Interview. 

Photographie.com : Parlez-nous de votre travail sur le Japon… Comment cette série est-elle née ?

En août 2008, sous l’initiative de Léo Tamaki, je suis parti au Japon pour réaliser la série BUDOKA NO KOKORO qui mettait en lumière certains des derniers grands maîtres de Budo (arts martiaux japonais, NDLR). C’était la première fois que je partais au Japon et je ne connaissais que peu de choses de ce pays, hormis son cinéma (Hayao Miyazaki, surtout) et quelques-uns de ses grands photographes (Shoji Ueda et Nobuyoshi Araki). Comme beaucoup d’Occidentaux qui découvrent le Japon, j’ai été subjugué, fasciné par ce que j’y voyais, par ce que j’y découvrais. Je suis littéralement tombé amoureux du pays, de sa culture, de son peuple. 

En rentrant en France, je n’avais qu’une envie : repartir. Je me suis alors promis que je saisirais la première opportunité pour m’y rendre à nouveau. Trois années se sont écoulées mais je n'ai jamais eu la possibilité financière d'y retourner. De plus, je traversais à cette même période des moments difficiles et compliqués tant sur le plan personnel que professionnel. En janvier 2011, je remettais complètement en question mon désir de rester photographe. Je ne prenais plus de photos, j’avais revendu mon Canon 5D, quitté mon nouvel agent et abandonné la réalisation de ma dernière série personnelle. 

Le 11 mars 2011, le tremblement de terre et le tsunami, suivis de la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi, m’ont ébranlé. J’étais sous le choc. Pendant les mois qui ont suivi, j'ai consacré la majorité de mon temps à chercher des informations sur Internet sur ce qui se passait dans les zones sinistrées. Puis, courant juin 2011, la possibilité de partir à nouveau au Japon s’est offerte à moi. Mon premier désir était de partir seul pour une période de trois mois et de traverser le pays à vélo, sans appareil photo dans mes bagages. Cependant, je voulais quand même savoir si j’avais encore besoin de l’acte photographique dans ma vie ou pas. Je décidai finalement d'emporter le seul boîtier avec lequel je ressentais encore l'envie de photographier : mon Mamiya RZ 67 Pro II, un boîtier japonais ! Rapidement, la décision de ne shooter qu’en noir et blanc et en argentique m'apparut comme une évidence. Comme une sorte de renaissance. Photographier comme j’avais commencé, il y a près de 20 ans (en 1992). A partir de là, photographier la nature au Japon, photographier des paysages, s’est imposé. J’avais aussi beaucoup envie de voir ce qu’il se tramait dans les zones détruites par le tsunami et dans la préfecture de Fukushima où se profilait un nouveau Tchernobyl. Je prévoyais donc de passer six semaines entre Hachinohe (au nord de Honshu dans la préfecture d'Aomori) et Fukushima City (Préfecture de Fukushima). 

© Frédérick Carnet

Durant mes semaines de préparation, le fil conducteur de mon histoire photographique s’étoffait. Je voulais voir quelle place la nature avait au Japon, ce qu’elle offrait aux Japonais, ce qu’elle leur reprenait quand l’océan se déchaînait. Je voulais voir comment l’homme pouvait à son tour affecter la nature en utilisant une technologie qu’il ne maîtrisait pas à travers l’accident nucléaire, puis montrer la place de la nature en milieu urbain (Tokyo). Pour conclure ce travail, j’avais envie de rendre hommage à Shoji Ueda et d'utiliser les dunes de sables de Tottori comme le symbole d’une Terre qui finirait par ne plus rien nous offrir si on continuait à la maltraiter. En octobre 2011, j’étais prêt à partir. Le 8 octobre j’embarquais pour le Japon avec le strict nécessaire pour photographier et me vêtir, et mon vélo. Ce dernier allait d'ailleurs devenir mon principal atout lors de mon parcours et ce long travail photographique qui débuta à Sapporo (Hokkaido) le 11 octobre et s’acheva à Chizu (Préfecture de Tottori) le 31 décembre 2011. Je retrace d’ailleurs toute l’épopée de ce voyage de trois mois sur un blog que j’alimente depuis début février : www.90daysinjapan.com.

Photographie.com  :  Est-ce qu'il a été difficile de photographier le Japon après tsunami et Fukushima ? Quelle influence cette tragédie a-t-elle eu sur la construction de votre histoire ?

Difficile ? Tout dépend du sens que vous donnez au mot « difficile ». Je n’ai rencontré aucun obstacle à photographier les régions sinistrées, que ce soit dans les préfectures de IWATE, MIYAGI ou de FUKUSHIMA. J’ai même plutôt ressenti de la reconnaissance de la part des personnes que j’ai croisées et avec qui j’ai pu échangé un peu. Je ne compte plus le nombre de « Arigatô Gozaimasu » (« merci beaucoup ») ou de « Ki otsukete » (« faites attention » ou littéralement « allumez votre esprit » NDLR) que j’ai pu entendre. Même la police est d’une extrême gentillesse et très polie. Les gens que je croisais, étaient impressionnés de me voir venir de si loin faire des photos à vélo ! J’ai fait des rencontres incroyables, que ce soit à Hokkaido, Tokyo ou dans les zones sinistrées. 

Par contre, passer plusieurs semaines dans des villes en ruine, dans un pays que j’aime profondément, fragilise beaucoup. Les premiers jours furent éprouvants émotionnellement. Je ne vous cache pas que je pleurais souvent. J’étais au milieu de villes rasées, l’appareil photo en bandoulière, avec mon vélo. J’étais complètement dépassé par ce qui s’était passé huit mois auparavant. Je n’en croyais pas mes yeux. J’avais souvent la gorge serrée, les yeux humides et l’estomac noué par tant de désolation. J’essayais de retenir mes émotions devant des gens qui restaient dignes bien qu’ils avaient tout perdu. Je pense que je n’aurai jamais pu faire des images quelques jours après le tsunami. Et puis, étant là pour photographier, avec le temps, j’ai appris à garder mon sang-froid.

Evidemment, cette tragédie est un pilier central de mon histoire photographique. Quand j’ai décidé de partir et ensuite d’y faire une série sur la place de la nature, je ne me voyais pas ne pas venir dans les régions touchées par le tsunami et la catastrophe nucléaire. Ne pas développer plusieurs chapitres de mon histoire autour de ce qui se passait (et continue de se passer) aurait été une aberration.

© Frédérick Carnet

Photographie.com : Quel a été votre itinéraire ? Quel est l'état d'esprit actuel du pays ? 

J’ai commencé mon périple en vélo à Engaru, petite ville du nord de Hokkaido, le 13 octobre. Je suis resté jusqu’au 4 novembre sur l’île. Je restais parfois plusieurs jours dans la même ville, pour prendre le temps de faire des photos. Je suis donc allé de Engaru à Tomakomai en passant par : Yubetsu, Monbetsu, Tokoro, Abashiri, Teshikaga, Kushiro, Urahoro, Hiroo, Erimo-Misaki, Shizunai. J’ai pris un ferry à Tomakomai pour rejoindre la ville de Hachinohe sur l’île principale, Honshu. Depuis Hachinohe, j’ai rejoint Fukushima City (où je suis resté sept jours) en passant par Kuji, Taro, Miyako (quatre jours), Omoe, Yamada, Kamaishi (deux jours), Ofunato, Rikuzentakata,  Kesennuma (quatre jours), Ichinoseki, Furukawa, Matsushima (deux jours), Oku-Matsushima, Sendai (six jours), Soma (quatre jours), Minami-Soma (trois jours), Nihonmatsu. Depuis Fukushima City, j’ai rejoint Tokyo en Shinkansen (train rapide qui n’a rien à envier au TGV). Je suis resté six jours à Tokyo où je n’ai circulé qu’à vélo. J’ai arpenté la ville dans tous les sens. Je pouvais faire plus de 30 kilomètres par jour dans Tokyo. J’ai ensuite pris le train pour rejoindre Tottori (huit jours). Ma dernière étape en vélo s’est faite entre Tottori et Chizu. A partir du 1er janvier, j’ai fini mon séjour à Osaka où j’ai repris l’avion pour la France. J’ai parcouru exactement 2 833 km à vélo.

Concernant l’état d’esprit actuel du pays… c’est compliqué à dire. D’autant que, ne parlant pas Japonais, je n’ai pas pu avoir des conversations étoffées avec les gens. Je parlerai donc essentiellement des gens que j’ai rencontrés dans la préfecture de Fukushima lors du reportage que Jun Onosawa de la NHK a réalisé.

En me proposant de faire un reportage sur mon passage à Fukushima, Jun m’a offert l’opportunité de discuter avec des personnes qui vivent la catastrophe nucléaire au quotidien. Chacun réagit à sa façon en fonction de son vécu. Les personnes qui vivent à la limite de la zone interdite (20 kilomètres autour de la centrale nucléaire) se sentent vides. Leur vie a complètement été chamboulée par l’accident nucléaire. Il faut savoir que la préfecture de Fukushima est une région très agricole, assez sauvage (j’ai croisé des dizaines de macaques dans les forêts), montagneuse. Le lien avec la terre y est très fort. Alors, quand la principale de vos occupations est de récolter ce que la terre vous offre et que la radioactivité ambiante est bien supérieure à la radioactivité naturelle, vous finissez par ne plus manger vos légumes et vos fruits, vous ne jardinez plus. Dans la préfecture de Fukushima, les plaqueminiers étaient encore lourdement chargés de kakis alors qu’à Miyagi ou Iwate, les fruits étaient, pour la plupart, récoltés pour être consommés. La petite femme masquée dans le reportage qui vit avec son mari à la limite de la zone interdite se sent complètement isolée du reste du monde. Elle n’a plus de voisins (ils ont été évacués de la zone des 20 kilomètres), la route qui passe devant chez elle est devenue une voie sans issue. Seule la police passe de temps en temps pour voir s’ils vont bien. J’ai senti chez elle une profonde angoisse. J’ai senti qu’elle avait très envie de parler de son quotidien.

© Frédérick Carnet

Quant aux agriculteurs, c’est une double catastrophe pour eux. Non seulement ils « encaissent » de la radioactivité chaque jour (ce qui nuit à leur santé), et en plus, le fruit de leur travail ne leur rapporte plus rien. Dans le reportage, on me voit dans une ferme avec un agriculteur de Nihonmatsu qui produit des champignons. Sa dernière récolte qui représente 500 kilogrammes de  champignons séchés (soit cinq tonnes de champignons récoltés) est interdite à la vente car impropre à la consommation (la radioactivité des champignons est de 4700 bq/kg, ce qui est énorme !). Le manque à gagner est de 25000 euros (2,5 millions de Yen). Une des personnes de la coopérative agricole m’a expliqué qu’ils s’attendaient à connaître des pics de radioactivité dans les deux ou trois prochaines années, le Césium 137 fixé sur les arbres allant pénétrer les terres agricoles à cause du vent et de la pluie. 

Tous m’ont dit la même chose : « la radioactivité est un mal terrible car elle est invisible et inodore ». Ils sont conscients que la région est condamnée pour les 30 prochaines années. Malgré tout, beaucoup se battent et ne se laissent pas endormir par les lobbyistes du nucléaire. Pour les personnes qui vivent dans les régions sinistrées par le tsunami, le sentiment peut être différent et là je rapporte les paroles d’un vieux monsieur, bouddhiste, que j’ai croisé sur le bord de la route. Il marchait sac sur le dos depuis Fukushima en direction d’Aomori pour prier pour les gens qui avait été directement affectés par la catastrophe naturelle. Je lui posais la question suivante : « Comment les gens arrivent à rester dignes après une telle catastrophe ? ». Sa réponse : « Les gens sont dignes car ils voient cette catastrophe comme une fatalité. La nature s’exprime et ils ne peuvent rien contre. ». Il faut savoir que le Japon est imprégné par la religion Shinto où les animaux, les éléments, la Terre ont une place centrale.

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Photographie.com : Quel est votre rapport avec les personnes photographiées ? Est-ce qu'il y a une rencontre spéciale dont vous souhaitez nous parler ?

Chaque rencontre est une histoire à part entière. Je le raconte dans les articles publiés sur mon blog. À chaque fois, avant même de penser « photographie », je pense « dialogue ». Au Japon, encore plus dans les régions rurales, voir un Occidental sur un vélo, chargé comme un mulet, c’est un peu comme croiser un personnage d’un dessin animé de Miyazaki. C’est quasiment improbable ! Alors dans la plupart des cas, les gens sont curieux et cherchent à savoir ce que vous faites là ! Dans la mesure du possible, certains me donnaient leur adresse mail pour que je leur envoie leur photo (ce que j’ai commencé à faire). Les personnes que j’ai photographiées pendant le reportage de la NHK ont reçu des tirages photos quelques jours après la diffusion à la télé (le 13 décembre 2011 sur NHK Nationale).

Il y a plusieurs rencontres qui m’ont beaucoup touché. J’ai presque envie de dire qu’elles m’ont toutes apporté quelque chose. Spontanément, je pense à deux rencontres. La première s’est passée à Taro. Un monsieur est venu me voir alors que je faisais des photos de la ville qui a été rasée à plus de 80%. Cet homme, d’une quarantaine d’années, était le propriétaire d’un hôtel. Le jour du tsunami, il était sur le toit de son établissement qui compte 6 étages. Il filmait la vague qui arrivait sur la ville. Nous sommes allés sur le toit ensemble. Puis, il m’a proposé de voir le film. Nous sommes allés dans une des chambres qu’il avait transformée en bureau. Un écran de télé géant trônait au milieu de la pièce. Il a lancé le film. J’étais effondré. J’avais l’impression de voir le film catastrophe « The day after tomorrow », sauf que là, il n’y avait pas d’effets spéciaux. La vague entraînait tout sur son passage. J’entendais le propriétaire de l’hôtel crier aux gens : « Tsunami ! Tsunami ! ». Ils tentaient de fuir mais c’était trop tard. Taro, qui avait investi dans une digue anti-tsunami de plus de 10 mètres, a malgré tout été gravement touché. Beaucoup de gens n’ont pas fui, pensant qu’ils seraient protégés. Beaucoup sont morts. Cette journée a été le premier choc pour moi, le premier contact avec la réalité post-catastrophe, huit mois après. 

La seconde rencontre dont j’ai envie de parler s’est passée quelques jours après dans le village de Omoe à une vingtaine de kilomètres au sud de Miyako. Omoe se trouve sur une péninsule escarpée, couverte de forêts de grands pins. La route pour rejoindre le village est étroite et zigzague au rythme du relief. J’ai débarqué à Omoe un peu avant 14:00. Le village, comme Taro, était rasé. J’ai été attiré par plusieurs groupes qui se trouvaient assis au milieu des ruines. Je suis allé à leur rencontre. Ces groupes se composaient de nombreuses femmes, pour la plupart âgées, voire très âgées. Elles étaient toutes là pour nettoyer, arracher les mauvaises herbes qui envahissaient les fondations des maisons en bois emportées par la vague. J’ai échangé quelques mots de politesse avec elles et leur ai demandées si je pouvais les photographier. Je retenais mes larmes. J’admirais leur courage. Elles étaient toutes souriantes. Quand je leur ai dit que je venais de France, certaines ont spontanément dit : « Paris ! ». Une fois la photo faite, elles se sont toutes activées et remises au travail. L’une d’entre elle est venue vers moi, a pris mes mains dans les siennes et pendant une longue minute m’a couvert de remerciements. Je ne savais plus quoi faire. J’étais submergé par l’émotion. Aujourd’hui je pense encore à elles.

© Frédérick Carnet

Photographie.com : Parlez-nous du livre que vous avez réalisé, et de votre aventure dans le domaine du crowdfunding.

L’idée de faire un livre est venue alors que j’étais encore au Japon. J’étais parti, avant tout, pour prendre le large et retrouver le goût de faire des images. Je n’avais pas de « plan » pré-établi. Je n’avais rien anticipé avant mon départ, ne sachant pas vraiment ce que j’allais ramener avec moi en France. Le temps passant et les images s’accumulant, j’ai pris conscience, au bout d’un mois, que j’étais en train de réaliser une série que je trouvais belle qui avait du sens et dont j’étais fier. Je faisais toutes ces images dans mon coin, égoïstement. Mais à quoi bon faire sans partager avec l’autre ?

Publier ses photos dans un livre est un rêve pour chaque photographe et est un bon moyen de les offrir à voir. Connaissant la frilosité des éditeurs en matière de photographie, je me suis dit que le meilleur moyen de voir un projet de livre se concrétiser était de l’éditer à compte d’auteur. Et puis, ayant décidé,  seul,  d’aller  au Japon, il m’apparaissait logique d’aller jusqu’au bout de l’expérience en publiant, seul, ce livre. Je contrôlais « la chaîne » de la prise de vue à la publication, en faisant l’editing, en choisissant les auteurs des essais qui accompagneraient les photographies, en choisissant l’imprimeur, le papier, le format, la mise en page, etc… Je tiens d’ailleurs à remercier Thomas Jorion, photographe, qui aura été sans le savoir l’élément déclencheur de cette aventure. En effet c’est en lisant sur un blog qu’il avait publié, à compte d’auteur, son livre « Îlots Intemporels » que je me suis décidé à suivre son exemple.

Je suis donc entré en contact par mail avec un imprimeur en France depuis le Japon. J’ai commencé là-bas à réfléchir à une maquette. Et depuis que je suis rentré le 6 janvier, je consacre tout mon temps au livre qui sera imprimé courant mars et disponible sur mon site et quelques librairies ciblées courant avril. J’ai demandé à Ellen Diectrich (Rédactrice en chef photo de DIE ZIET) avec qui  j’ai travaillé plusieurs années, à Jean-François Sabouret (Directeur de recherche au CNRS, Spécialiste du Japon, Directeur du Réseau Asie  – IMASIE, Institut des Mondes Asiatiques) et à Wataru Iwata (Compositeur, Fondateur de l’ONG, CRMS, Citizen Radioactivity Measuring Station à Fukushima City) d’écrire, chacun, un essai. Une amie, Aurélie Djokic, illustratrice et graphiste, m’aidera à finaliser la maquette. 

Publier à compte d’auteur demande de grosses ressources financières. Comme il me manque  un  peu  d’argent,  j’ai  eu l’idée  de lancer une souscription début février pour pré-vendre le livre. Pour cela j’ai écrit une présentation de mon projet d’édition. Je l’ai envoyée par mail à tout mon réseau. J’ai créé une page sur mon site internet, j’en ai parlé sur mon blog, deux amis ont crée une page Facebook (car je ne suis plus sur Facebook !). L’argent récolté sert directement et uniquement à financer une partie de la fabrication du livre.

J’ai lancé la souscription le 6 février. Les souscripteurs m’envoient leur contribution par chèque, sur mon compte paypal ou directement sur mon compte en banque. À ce jour j’ai pré-vendu 72 livres. L’idéal serait que je puisse en totaliser 100. Mais je vois déjà cette expérience comme un succès ! D’autant que d’autres évènements se préparent. Je croise les doigts pour qu’ils se concrétisent.

Propos recueillis par Roxana Traista

Photographe publicitaire pendant de nombreuses années, Frédérick Carnet attache depuis toujours beaucoup d'importance à la réalisation de travaux personnels. Son travail photographique à notamment été recompensé par une Mention Spéciale au Prix Kodak de la Critique Photographique, une bourse du Fond Régional d’Art Contemporain d’Ile-de-France et une distinction au Prix du CCF pour la Photographie (actuel prix HSBC).