Jean-Éric Fabre | Ad terrae acta

La chasse de subsistance est le reflet de la vie quotidienne du peuple de la brousse. En Afrique centrale, il n'y souvent pas d'autre choix que de se nourrir en chassant des espèces protégées ou non. Sauf à aller vivre en ville, avoir un petit travail, vivre dans un quartier surpeuplé loin du village et parfois de sa famille.

Notre regard d'occidental porte une fausse image de ce qui se déroule dans les zones reculées.

Effectivement, il y a du trafic d'espèces menacées mais il y a aussi la nourriture de chaque jour à trouver et qui se traduit par une chasse opportuniste. Et là, le villageois ne choisit ni ne discerne malheureusement pas, ce qui est bien, à long terme, pour l'équilibre de la faune. Les guerres aussi amènent leur lot d'armes de guerre, bien plus destructrices que le traditionnel fusil de chasse de petit calibre.

Faute de moyens et face à l’immensité des zones à couvrir, les autorités sont difficilement présentes et la viande de brousse est devenue un commerce lucratif. La viande de brousse, espèces protégées ou non, est très prisée en ville par toutes les couches de populations qui n’ont pas forcément un besoin vital de cet apport de protéines contrairement aux villageois de la brousse.

L’impact de la consommation de viande de brousse sur la faune africaine est difficile à évaluer, du fait de l’immense superficie concernée et des faibles connaissances que nous avons sur les effectifs et les taux de renouvellement des animaux.

 En général, les espèces qui souffrent davantage sont les espèces de grande taille avec un cycle de reproduction lent (éléphants, gorilles).

Si cette pratique contribue, à très court terme, au développement des économies locales et permet 

aux populations rurales de subvenir à leurs besoins alimentaires au jour le jour – pour combien de temps encore ? – elle hypothèque sérieusement l’avenir de tout écosystème.

*Ad terrae acta "Ad acta" signifiant "mettre aux archives" et "terrae", le génitif de "terra" "la Terre".

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