Rosa Bonheur… réminiscences | Irène Joans

La Galerie Rachel Hardouin est la première galerie à exposer à Paris les tirages peints originaux d’Irène Jonas sur Rosa Bonheur.
Cette exposition se déroule en parallèle de la grande rétrospective consacrée à Rosa Bonheur au Musée d’Orsay, à Paris, jusqu’au 15 janvier 2023. Les œuvres de Rosa Bonheur ont été présentées au Musée de Beaux-Arts de Bordeaux, ville natale de Rosa Bonheur, jusqu’au 18 septembre dernier.
En amont du bicentenaire de la naissance de Rosa Bonheur et des évènements prévus tout au long de l’année 2023, Irène Jonas, aussi sociologue, a fait partie en 2021 du programme « Ile-de-France » de résidences d’écrivains. Elle a passé plusieurs séjours, à Thomery, au Château de Rosa Bonheur, à proximité de la forêt de Fontainebleau.
Ce lieu où a vécu la peintre animalière a été rénové par cette dernière au cours de l’année 1859. Le château et son parc n’ont connu que très peu de transformations depuis, constituant un témoignage patrimonial rare.
Irène Jonas y a été accueillie pour contribuer à faire connaître Rosa Bonheur et la création féminine. Elle y a mené un travail d’écriture. Elle a profité également d’un tournage en costumes d’époque pour saisir l’esprit du lieu.
Comme dans la majeure partie de son travail, Irène Jonas questionne la mémoire, les traces d’une histoire personnelle et collective. C’est en rehaussant à l’huile ses tirages photographiques directement sur leur surface qu’Irène Jonas rehausse de couleurs cette mémoire.

Irène Jonas pose littéralement un double regard de photographe et de sociologue sur le monde. Pendant des décennies elle a étudié les autres, les a observés, écoutés, enregistrés, décrits, définis,... décortiqués en quelque sorte. Au fur et à mesure, l’approche sociologique n’a plus suffit. La captation photographique nourrit l’analyse sociale. Elle en a fait sa démarche à part entière : celle de la « sociologie visuelle », rejoignant d’autres chercheurs dans cette approche passionnante. Par la suite, elle s’est libérée de ce cadre, transgressant ses limites au profit d’une approche transitoire ; subjective d’abord, puis artistiquement assumée, élaborant son écriture photographique développant un corpus visuel nourri d’expériences. (...) Ce qui n’était qu’un cliché d’observation s’est rapidement transforme en une image puis en composition. Et même s’il n’y a pas de mise en scène orchestrée, la part dite narrative, la subjectivité s’imposent désormais par le cadrage, le grain accentué des noirs et la luminosité des blancs, ou par la peinture appliquée sur des photographies initialement en noir et blanc.
Christine Ollier, 2021


Nous naviguons entre passé et présent. Les prises de vue sont contemporaines, le procédé pictural manuel nous conte un temps révolu ; temps dont nous devenons les témoins. L’indétermination temporelle et spatiale qui traverse une grande partie du travail d’Irène Jonas est au cœur de cette série.

La rencontre s’invite aussi dans le temps de la création d’Irène Jonas. Et elle sait s’en saisir.
Ici, sans être avertie de la présence des figurants d’un documentaire -fiction qui se tournait au château où vécut Rosa Bonheur, elle était là…  La magie et l’esprit de Rosa Bonheur se sont installés. Irène les a saisis au moment de la prise de vue, en imaginant déjà les teintes et les parfums qu’elle partagerait avec le public.

Galerie Rachel Hardouin
15 curiosity & experiences
15, rue Martel 75010 Paris
4e étage - interphone "15martel"
du mardi au samedi de 14H à 19H et sur rendez-vous
exposition prolongée au 08 novembre 2022.

Irène Jonas est photographe et sociologue. Née en 1957, elle vit à Paris et au Guilvinec dans le Finistère sud. Elle rejoint l’agence Révélateur dès 2016. Par sa pratique de la sociologue et la photographie, l’écriture et l’image ont toujours été présentes. Toutefois, elle s’en est affranchie, afin d’élaborer une forme d’expression personnelle. Elle axe désormais sa recherche personnelle et artistique vers la photographie plasticienne.

L’engagement féministe de Rosa Bonheur n’est pas non plus étranger au choix d’Irène Jonas de s’investir dans cette résidence artistique. En tant que sociologue, elle a publié plusieurs articles sur le genre et réalise une étude sur les femmes photographes.