Les femmes s'exposent

Le festival LES FEMMES S’EXPOSENT dévoile la programmation de sa quatrième édition qui ouvrira ses portes à Houlgate en Normandie le 1er juin prochain. 
Le week-end de rencontre en présence des photographes se déroulera du 11 au 13 juin.


Au programme :
13 expositions en extérieur dont 1 résidence, 2 projets pédagogiques & 3 prix.

Anne-Charlotte Compan | Photographe en résidence

 

AXIS MUNDI

Cette exposition est une invitation à lever la tête ! Pour celles et ceux qui connaissent Houlgate, les épis de faîtage font partie du décor. Perchées à la cime des toitures, ces pièces ornementales semblent veiller paisiblement sur la ville, tels des axis mundi, points de connexion entre la Terre et le ciel. Ces photographies, réalisées à l’aide d’un drone, nous dévoilent ces épis et nous expliquent leur fonction technique, leur symbolique et leur place dans le patrimoine de notre commune. Nous découvrons Houlgate d’un point de vue aérien et poétique et tous ses ornements juchés sur les toits. Juchées sur le toit de la villa Harjès, ces deux mouettes veillent telles des gardiennes sur le front de mer et les promeneurs.

Germaine Chaumel | Hommage

Germaine Chaumel devient avec la Seconde Guerre mondiale une « photographe de la guerre ». Elle en montre les répercussions et les drames, sans voyeurisme, dès le 3 septembre 1939, date de la déclaration des hostilités entre la France et l’Allemagne : le baiser fougueux d’un réserviste sur le départ, les tranchées creusées par la défense passive, des soldats au repos, les réfugiés par milliers…
Après l’Armistice, elle se plie, avec recul, à l’exercice ingrat de photographier le régime de Vichy et sa propagande : les défilés d’anciens combattants, le culte de la personnalité du maréchal Pétain entretenu dans les écoles, etc. Mais elle s’attache avant tout à documenter le quotidien des Français : les privations des années noires ; les files d’attente interminables ; les familles dispersées, les enfants perdus. A Toulouse toujours, Germaine suit les mères réfugiées qui déposent des messages sur la façade de l’hôtel de ville, place du Capitole. Elle accueille une famille juive d’Anvers, les Nahum, qu’elle cache chez elle jusqu’en 1942.

Irène Jonas | Invitée d’honneur

L’épaisseur du temps

Les saisons de l’année 2020 se sont succédé au rythme des confinements, déconfinements et reconfinements. Dans ce petit village de bord de mer, la frontière entre l’habituel et l’inhabituel, l’ordinaire et l’extraordinaire était peut-être moins perceptible que dans les grandes villes, mais il flottait dans l’air comme un sentiment d’étrangeté.
Immobilité et silence sont probablement les deux termes qui ont le plus justement caractérisé ce sentiment d’irréalité dont les mois étaient marqués.
Brume et pluie brouillaient les contours, suspendaient le temps, jetant comme un voile sur les paysages déserts. Seul l’été leur a redonné figure plus humaine.
Les photographies noir et blanc sont retravaillées à la peinture à l’huile accentuant l’intemporalité de ces images prises en pays bigouden.

Lys Arango | Jusqu’à ce que le maïs repousse

Ce reportage est une histoire visuelle sur la migration climatique au Guatemala et ses raisons. Dans les communautés autochtones des Hautes Terres, la question n’est plus de savoir si l’on en partira, mais quand. Les conditions climatiques sont de plus en plus capricieuses ; les récoltes, année après année, sont de plus en plus mauvaises, et les opportunités de travail deviennent rares dans tout le pays.
Des milliers de personnes, touchées par la pauvreté et l’insécurité alimentaire, essayent de s’en sortir.
Au cours de la dernière année, j’ai documenté ce phénomène sous-évalué et travaille en ce moment sur la deuxième partie de ce projet, qui sont les causes et effets de la malnutrition infantile chronique, également connue sous le nom de « tueur silencieux ».

Lynn Wu | Créatures marines

La mer regorge de créatures étonnantes, parfois bizarres voire même effrayantes. Les photographies sous-marines dévoilent ici quelques spécimens qui peuplent les fonds des mers de Chine et des Philippines. Le « Triangle de corail », une zone de l’océan Pacifique comprenant les eaux qui baignent l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines et les îles Salomon, abrite plus de 3 000 sortes de poissons de récifs et de nombreuses espèces marines – calmars, pieuvres, hippocampes, nudibranches (des mollusques gastéropodes), etc. Cet habitat marin qui constitue également le moyen de subsistance des pêcheurs locaux est menacé. Ces dernières années, certaines espèces ont vu leur population drastiquement diminuer. La destruction des récifs de corail et des ressources biologiques marines qui en dépendent pourrait aussi attiser les tensions en mer de Chine méridionale et accroître les risques de conflit.

Justyna Mielnikiewicz | Haut-Karabagh, conflit sur les montagnes

La guerre du Haut-Karabagh a eu lieu entre 1988 et 1994 dans l’enclave ethnique du même nom, située au sud-ouest de l’Azerbaïdjan, entre les Arméniens de ce territoire alliés à la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan. Ces deux pays revendiquent la propriété territoriale de cette région, objet de conflits depuis des siècles. Après le cessez-le-feu de mai 1994 entre Erevan et Bakou, les tensions entre les deux pays au sujet du Haut-Karabagh persistent et dégénèrent régulièrement en affrontements meurtriers.
En 2020, les opérations militaires se multiplient et l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, reprend le contrôle de la plupart des territoires considérés occupés. Le 10 novembre 2020, nouvel accord de cessez-le-feu, mais aucun accord de paix officiel n’est signé. Les combats auraient fait près de 5000 morts, principalement des militaires. Et des milliers de déplacés.
Aujourd’hui, l’avenir du Haut-Karabagh dépend des puissances régionales (Russie, Turquie et Iran) mais, surtout, de la capacité de réconciliation des deux peuples.

Charlène Flores | Ils ne peuvent pas tous nous tuer*

 

À partir de mars 2019, les Hongkongais se mobilisent contre un projet de loi d’extradition vers la Chine. Cette nouvelle « révolution des parapluies » (nom de la contestation depuis 2014) rassemble jusqu’à 2 millions de personnes dans les rues. La proposition de loi est officiellement retirée sept mois plus tard, le 23 octobre 2019. Malgré une répression implacable, avec parfois des tirs à balles réelles, les démocrates hongkongais, qui exigent le suffrage universel, ne baissent pas les bras. Mais, en 2020, Pékin profite de la pandémie de Covid-19 pour édicter une loi de Sécurité nationale, entérinant la perte d’autonomie dont bénéficie l’ancienne colonie britannique. Des dizaines de militants pro-démocratie sont arrêtés, ceux qui veulent échapper à l’emprisonnement partent en exil. Ces photos documentent la lente et néanmoins brutale suppression de l’espace démocratique d’une région qui fut un temps une des plus libres d’Asie.

Tori Ferenc | Travellers

Bien qu’ils soient présents depuis des siècles en Grande-Bretagne et en Irlande, les Travellers (« les voyageurs »), un peuple nomade, forment une minorité ethnique qui subit toujours rejet et discriminations. Les médias dominants véhiculent sur eux des préjugés négatifs et la population leur est souvent hostile. Plus de 75% des Travellers se sont fixés maintenant dans les faubourgs des villes, mais ils restent fiers de leur culture. Ils la célèbrent en se réunissant, la famille et la foi étant des notions qui leur sont importantes. Les foires annuelles aux chevaux (certaines remontent au XVIIIe siècle) sont l’un de leurs rassemblements traditionnels, car les Travellers ont été de tout temps un peuple cavalier. À côté des remorques et des utilitaires aménagés en habitation, des caravanes de diseurs de bonne aventure, des antiquaires, des stands de vêtements ou encore des camions de restauration rapide, le temps d’un week-end. Carla avec un poulet pendant la foire aux chevaux (Angleterre, 2019).

Pauline Ballet | Le Tour de France

Plus jeune, durant les après-midis chaudes de juillet chez ma grand-mère, je faisais partie des millions de téléspectateurs réunis pour assister au rituel national qu’est le Tour de France. Aujourd’hui, photographe officielle de la Grande Boucle, je sillonne les routes à toute vitesse, à l’arrière d’une moto. Nous suivons le peloton à un rythme effréné, pour raconter la ferveur et les rouages de cette rencontre sportive. Ces images des dernières éditions proposent une immersion dans la magie du Tour, le summum du cyclisme. Des mollets boursouflés par l’effort à l’immensité des paysages traversés, tout participe au spectacle, à l’héroïsation de quelques êtres.
Je suis fascinée par ce rassemblement, cet héritage fort, par les marées humaines que traversent les coureurs souffrants, la beauté des montagnes et l’adrénaline provoquée par chaque descente de col.

Sara Aliaga Ticona | De la terre au ciel, un regard sur la Bolivie

Cette exposition est une radiographie condensée de mon pays, la Bolivie, issue de différents travaux personnels ou commandés par des médias. Dans cette sélection, j’essaie de montrer les contrastes territoriaux – de La Paz, dans la partie andine, à la jungle amazonienne, en passant par l’Isla del Sol et le sommet Sumaq Urqu qui domine la ville de Potosi ; et la diversité des modes de vie au quotidien, subtils mélanges entre tradition et modernité. Les axes transversaux de ma recherche visuelle sont le territoire et le symbolisme, ainsi que la préservation de la mémoire et de l’identité. J’essaie de développer un discours pour rendre leur dignité aux femmes et aux peuples indigènes boliviens. Dans les rues de La Paz. Les habitants qui sont en quarantaine n’ont pas d’autre choix que de sortir quand même pour subvenir chaque jour aux besoins de leur famille.

« Dans cette crise sanitaire historique, le festival s'adapte tout en restant fidèle à sa double intention initiale : alerter sur le manque de parité en donnant, au plus grand nombre, accès à la culture. Dans notre société sous cloche depuis un an, cette ambition semble plus que jamais d'actualité. »
Béatrice Tupin, Présidente du festival.
Association culturelle
24 AV des Alliés
14510
Houlgate
France