Ils pissent vert et rouge | 18 mois avec les légionnaires du 2èmeREP de Calvi au Mali | Jeremy Lempin

Dans l’armée française, la Légion Étrangère est un corps à part. Un des meilleurs au monde mais aussi un des plus dur. Composée d’engagés volontaires étrangers de 140 nationalités différentes, elle est régie par ses propres règles de tradition et animée d’un très fort esprit de cohésion.

Les hommes qui la composent sont donc difficiles à approcher en profondeur. Le 2ème Régiment Etranger de Parachutiste (REP) m’as pourtant permis de le faire en m’ouvrant ses portes pendant un an et demi.

De Calvi au Mali, des jeunes volontaires étrangers fraîchement engagés jusqu’aux anciens du régiment. Je tente de suivre et de comprendre le fil invisible du quotidien, qui conduit ces soldats à faire de l’île de Beauté leur Patrie, de Calvi leur capitale, du départ en Mission Opérationnelle leur raison d’être et du 2ème REP, leur éternelle famille. 

Depuis sa création en 1948, ce régiment d’élite est envoyé sur tous les champs de bataille où sa dimension aéroportée le rend nécessaire. Il est installé depuis 50 ans à Calvi, en Corse, et fait désormais partie du paysage local.

Jeremy Lempin

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Fils d’un père ouvrier mécanique et d’une mère aide-soignante en réanimation, ce chtimi au sourire « bright » ne laisse personne indifférent, surtout les protagonistes de ses reportages. Qu’il s’agisse de vivre le quotidien d’un pompier urgentiste, d’intégrer le groupe très fermé des ultras du Racing Club de Lens, ou de jouer des coudes dans le tumulte de manifestations étudiantes, Jérémy Lempin, n’a de cesse d’ « aller voir », de confronter les regards pour contrer les idées reçues.

Ses armes, il les a faites dans la Marine Nationale en tant que photographe à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle puis à l’ECPAD. Sur les océans, il aura à cœur de témoigner des conditions de vie de l’équipage et notamment lors des opérations Agapanthe au large de l’Afghanistan et Harmattan près des côtes libyennes. A terre, il participera notamment à l’opération Serval au Mali et à l’opération Sangaris en République centrafricaine.

Là aussi, il s’imposera toujours de garder son regard à la hauteur de l’Homme.

Au-delà des commandes, il témoignera du quotidien du soldat engagé, dans des conditions précaires, sur ces théâtres d’opération; ce qui lui vaudra l'honneur de recevoir la médaille militaire des mains du Président de la République François Hollande. Après dix années passées dans les armées et toujours avide d’histoires d’homme, il posera sa casquette de marin pour endosser pleinement le gilet de photojournaliste.

Toujours en mouvement, cet explorateur insatiable n’hésite pas à regarder au-delà, à poser un œil indiscret mais honnête sur les faits de société qu’il traite ou sur les groupes sociaux qu’il intègre. Sa dernière immersion au sein des légionnaires du prestigieux mais fermé 2ème REP le prouve. Par son allant, il parvient à séduire pour montrer ce qu’il y a de mieux chez l’humain et comprendre, à travers lui, notre société.

Il ne s’interdit aucun sujet au nom d’une curiosité qu’il place à la hauteur de sa passion pour le reportage. Sa méthode, le travail au long cours. Et pour cause, s’il réussit à montrer des choses différentes, c’est que son travail s’apparente plus au documentaire photographique qu’au seul pris sur le vif.

Il collabore régulièrement avec de nombreux magazines tels que " Le Figaro Magazine, VSD, L'Equipe Magazine, Le Parisien Week-End, Management, Capital, Rendez-Vous Photos, 24h01, Le Nouvel OBS "

En 2018 il rejoint l'association de photographes "DIVERGENCE IMAGES".