Need | Nathalie Lescuyer

Need de Nathalie Lescuyer ou le silence éloquent de la photographie

Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence.
Écoute ce qu’on entend lorsque rien ne se fait entendre.

Valéry

Parfois, les images s’imposent dans le silence du regard sans qu’il soit nécessaire d’en dire trop… En fabuleuse alchimiste du temps, du réel et du hasard, la photographie peut être - et c’est le cas ici - le fruit d’une nécessité intérieure. Le titre need donné par Nathalie Lescuyer à cette suite ouverte d’images atteste de cette nécessité, sans doute, vitale.

A coup sûr, elles expriment une forme de résistance intérieure à l’oubli de l’homme par lui-même et nous dévoilent silencieusement cette dégradation des valeurs humaines et culturelles par le politique.

C’est un double silence qui s’écoute ici : celui, intérieur, de l’auteur face au bruit du monde et à la parole exclue des migrants; celui de l’art qui nous parvient à travers une expérience esthétique proche de la prière.

Cette esthétique n’est pas vaine. Elle est aussi une éthique puisqu’elle nous souffle une rencontre hors norme : la découverte du monde et de soi-même comme altérité.

Là, se tapit l’espoir, dans « la poursuite de la vérité inconditionnelle des faits » (Tarkovski), seule capable de nous transformer, de nous élever.

Jean-Baptiste Guey
Galerie Les bains révélateurs

Nathalie Lescuyer

"Il y a quelques années, je découvre la photographie au hasard d’une rencontre avec un homme de l’image qui m’encourage à m’exprimer en utilisant ce médium. Je m’installe en Haute Savoie et entreprend une recherche photographique avec un appareil argentique.
Dans les années 80, je me nourris d’images dans la cabine de projection d’un cinéma d’art et essai de province où travaille ma mère, délaissant le lycée, je me réfugie dans l’univers cinématographique. Godard, Dreyer, Cassavetes et d’autres nourriront ainsi ma culture de l’image.
Modèle vivant à l’atelier de la Grande Chaumière et aux Beaux-Arts de Paris, j’apprends la peinture à l’écoute d’artistes enseignants comme Cremonini ou Alberola.
Dans les années 90, je tourne à deux reprises à Berlin et à Genève avec Jean-Luc Godard. Expériences qui me donneront le goût du cadrage et de la lumière."

Nathalie Lescuyer


Festival :
_ PhotoDoc 2019, Halle des Blancs Manteaux, avec la Galerie Les bains révélateurs, Paris
_ Table ronde à la MEP organisée par PhotoDoc autour de l'esthétique de la photographie documentaire
_ Sélection festival Voies Off Arles 2017
Projection de la série, Cinq hommes, Cour de l’Archevêché.
Nominée dans la sélection finale. Avec les encouragements du jury.


Expositions :
_ Parcours dix-huit, Echomusée Goutte d’or Paris 18, du 3 au 20 avril 2018
Exposition collective avec Laurent Weyl, Dominique Jouxtel, Sara Iskander « Au-delà du réel»
_ Rencontres d’Arles 2016, Atelier des forges SNCF, du 4 juillet au 30 septembre 2016
Exposition collective, travaux réalisés lors du workshop avec Paulo Nozolino.
_ Galerie In)(between
«Émotions Photographiques» du 26 septembre au 20 octobre 2016
Rencontres et Passion autour du tirage photographique traditionnel Diamantino Quintas
_ Galerie Deneulin
«Images de printemps» du 6 février au 26 mars 2016, Barraux
Exposition collective avec Cathy Pelan et Émilie Jouvet
_ Galerie Phbroking Modena, Italie
Exposition collective avec Marie Mons, Nathalie Bagarry, Isabelle Chapuis…
du 14 novembre 2014 au 30 janvier 2015