Make Cruise great again | Didier Bizet

La croisière ne sait jamais aussi bien portée, Miami a été déclarée par le président de la société Royal Caribbean, « capitale mondiale de la croisière ». Les Américains toujours en demande de gigantisme et de démesure sont les enfants les plus heureux du monde lorsqu’ils montent sur le plus grand paquebot du monde avec 9000 personnes à bord, pour une croisière de «rêve américain». L’ american ship se veut être un mélange de shopping mall, de parcs aventure, et de faux Broadway avec une stratégie simple : tant que les touristes seront contents, ils dépenseront plus facilement. Le marketing de l’entertainment est présent sur la plupart des ponts du bateau, 7 jours sur 7. Le programme est riche et dense, la machine américaine de l’entertainment est parfaitement huilée, précise, et toujours à l’heure. Les décors aux façades faussement Hollywood et carton pâte font des six mille cinq cent touristes des vacanciers conquis.

Voyage absurde pour certains, vacances de rêve pour d’autres, quel sens peut-on donner au voyage aujourd’hui ? La croisière ne s’amuse pas toujours, l’ennui gagne assez rapidement les vacanciers après trois ou quatre jours de ballade en mer. Heureusement, les excursions sont la, et payantes. En plus des plages de rêves proposées sur du papier glacé, des réductions sont proposées dans les bijouteries et autres boutiques de souvenirs aux six mille passagers qui souhaiteraient acquérir une joie bague sur une des îles escales des Caraïbes. Le silence quasi inexistant, est l’ennemi de la croisière, il perturbe le touriste dans son souhait d’être avec le plus grand nombre de vacanciers possible. Le plus grand paquebot du monde a embarqué la société de consommation américaine et lui a réservé sa plus belle cabine. En effet, le joyeux programme cible large et propose tous les besoins nécessaires à votre quotidien comme si vous n’aviez pas quitté votre maison ou presque. Plus de trois cent tonnes de nourriture et de boissons sont chargées à chaque voyage de sept jours, la machine Américaine a tout prévu pour que le souvenir gastronomique soit le plus mémorable.

Avec 90% de citoyens américains au départ de Miami, ces croisières tant rêvées sont la démonstration sociale que le tourisme de masse a encore de beaux jours devant lui, puisque plus de dix millions de touristes sont prévues pour 2019 par la compagnie américaine.

Didier Bizet

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Après un diplôme des Beaux-arts et une licence d'histoire de l'art, je m’installe en République Tchèque à Prague alors que Vaclav Havel devient le président du renouveau. Après avoir intégré des agences de publicité à Prague, Budapest et Paris en tant que directeur artistique, j’intègre le studio Hans Lucas en 2015 ; date à laquelle, je me consacre entièrement à la photographie. Mes attirances vont vers les anciens pays du bloc soviétique où la mélancolie du temps, et la fragilité sociale sont des repères importants dans ma quête photographique. Entre photographies d’auteur et documentaire, la photographie est pour moi un apprentissage de l’environnement et des hommes. Elle me donne des réponses à mes propres questionnements sur les sociétés. Elle n’est pas que plaisante mais nécessaire à ma propre expérience de vie.