Les Herbes Folles, l’orphelin de la Chine | Tian Jin

Né dans les années 1980, lorsque la politique de l’enfant unique était la plus stricte, Tian Jin consacre aujourd’hui son travail documentaire aux enfants abandonnés par leurs parents dans les gares ou les hôpitaux de la province du Yunnan. Un jour, il a lu un article rapportant un incendie qui s’était déclenché en janvier 2014, dans le comté de Lankao, au sein d’un orphelinat spécialisé dans l’accueil des enfants handicapés. Sept d’entre-eux y avaient perdu la vie. Ce drame bouleverse le photographe et constitue le point de départ de son premier projet les Herbes folles : L’orphelin de la Chine. Sillonnant les orphelinats et les villages désolés de la Chine profonde,Tian Jin met en lumière ces âmes oubliées et s’enquiert de la vie des survivants.

Puis il poursuit son travail sur les laissés-pour-compte de la Chine contemporaine dans un second projet sur les villages lépreux de la Chine. Dans la Chine ancienne, les patients atteints de lèpre étaient méprisés, considérés comme touchés par la malédiction emportée par le vent et leur malheur était considéré comme le châtiment de Dieu. Être chassé ou tué était leur destin. Mis en quarantaine par le gouvernement dans des villages, les lépreux soignés à la dapsone à partir des années 80 ont pu ensuite choisir de quitter leurs villages une fois guéris. Cependant, la plupart d’entre eux n’en sont jamais partis. Actuellement, le projet est toujours en cours et prévoit de prendre comme échantillon 63 villages de lèpre dans 9 provinces différentes.

Ces êtres dans des conditions d’extrême précarité, ces enfants fragiles ou ces anciens malades retrouvent à travers le regard du photographe une présence.

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En Chine, dans les zones rurales, la mise en place de la politique de l’enfant unique et le coût élevé de la vie ont entraîné l’abandon des nourrissons handicapés au profit de ceux en bonne santé.