Ce reportage photographique a été mené durant plusieurs mois (septembre 2017 à juin 2018) au Monastère de Géronde à Sierre (VS). Les sœurs y vivent en communauté cloîtrée depuis 1935, et la population (proches, famille, etc.) ne peut pas pénétrer dans le domaine (à l’exception de l’église et du parloir). La communauté vit dans le silence, la prière et le travail. Les sœurs perçoivent également un revenu par la production d'hosties et la confection de vêtements liturgiques. Le projet était d’observer et de restituer la vie de la communauté, dans une perspective sociologique, et de montrer les aspects suivants : la solitude et le silence, la vie en communauté, la prière et les différentes activités (pour la gestion domestique et pour la production destinée à la vente).

La communauté doit faire face au vieillissement des sœurs, à la crise des vocations et à l'absence de novices. Cela implique des défis majeurs pour elles, habituées à travailler ensemble pour entretenir le domaine, mais aussi tout simplement pour gérer le ménage, et les soins des sœurs plus âgées. Ces travaux communs, et les soins prodigués entre elles, alimentaient leurs liens et organisaient la vie ensemble. A petits pas, et de manière graduelle, elles sont contraintes de céder des activités à des personnes extérieures (cuisinier, infirmières, jardinier), n’étant plus en mesure d’y faire face elles-mêmes. Cela constitue une période de changement, d’incertitude sur l’avenir et un moment douloureux pour la communauté. Pourtant, même dans cette période incertaine, les soeurs gardent non seulement leur humour, mais également l’espoir d’y rester le plus longtemps possibles. Elles ont la foi et font confiance au projet divin, même s’il ne semble pas très clair les concernant. Par leur participation à ce projet, la mère prieure a indiqué que la démarche relevait aussi pour elle de la nécessité de documenter la vie de cet ordre, mais aussi de cet endroit, où elles ne sont que de passage et dont il est difficile de prévoir les prochaines années. Deux soeurs sont décédées durant le reportage et vraisemblablement, l’ordre va s’éteindre durant les prochaines années.

  •